
Des chiens détecteurs pour le compte à rebours du Nouvel An
29 de décembre de 2025
Combien de grammes pèse un appât? La réponse honnête
25 de février de 2026Comme beaucoup d’entre vous s’en souviennent, nos recherches ont débuté à l’été 2020. L’Espagne, moteur du tourisme européen, se préparait à accueillir des milliers de citoyens après des mois de confinement. À cette époque, l’inquiétude était à son comble: comment contrôler rapidement et massivement l’entrée du virus aux frontières, dans les aéroports et les destinations touristiques?
Nous savons tous que les chiens sont d’excellents détecteurs, c’est pourquoi nous avons essayé de les utiliser dès le début. Cependant, au début, leur entraînement était basé sur l’utilisation de masques utilisés par des patients, ce qui présentait deux risques majeurs:
- Biosécurité: nous ne savions pas avec certitude si l’air expiré ou la salive pouvaient contaminer les guides ou les chiens.
- Faux positifs/négatifs: en utilisant un masque, le chien pouvait mémoriser l’odeur individuelle de la personne infectée (son régime alimentaire, son âge, son sexe, sa race ou son parfum) plutôt que l’odeur commune du virus, ce qui réduisait l’universalité de la détection.
Motivés par des professionnels canins qui avaient besoin d’outils concrets pour s’entraîner de manière sûre et efficace, nous nous sommes lancés un défi: pouvons-nous “capturer” l’odeur du COVID-19 chez l’homme afin de dresser les chiens de manière 100 % sûre et efficace ?
📊 La rigueur scientifique derrière l’odorat
Hier, nous avons publié dans la revue Chemosensors notre étude intitulée: « Untargeted Metabolomics and Multivariate Data Processing to Reveal SARS-CoV-2 Specific VOCs for Canine Biodetection ».
Grâce à l’implication de nos chercheurs, en particulier Eider Larrañaga et Diego Pardina, nous avons réussi à décoder la signature volatile du virus dans des échantillons de sueur.
Nous avons appliqué la métabolomique non ciblée et des modèles d’apprentissage automatique pour trouver des modèles. Ce travail apporte une base scientifique à ce que les chiens détectent naturellement; nous savons enfin ce que les chiens associent à la détection du COVID-19.
- Identification des biomarqueurs: parmi les centaines de composés émis par le corps humain, nous avons identifié 6 composés organiques volatils (COV) clés qui sont systématiquement présents chez les personnes positives.
- Universalité: ces marqueurs apparaissent indépendamment de l’âge, du sexe ou de la variante du virus.
- Précision: le modèle a atteint une spécificité de 89 %, confirmant que “l’odeur caractéristique” que nous avons isolée est la bonne.
🐕 Qu’est-ce que cela signifie pour le monde K9 ?
Cela signifie que nous n’avons plus besoin d’échantillons biologiques dangereux ou individuels. En identifiant ces biomarqueurs spécifiques, chez Auziker, nous pouvons créer des appâts d’entraînement universels.
Le chien apprend à reconnaître « l’odeur pure » du COVID-19 en toute sécurité, devenant ainsi un biocapteur beaucoup plus sélectif et fiable pour les dépistages de masse. L’odeur ne dépend pas de la quantité de matière solide présente, mais du nombre de molécules qui passent dans l’air et de la façon dont elles interagissent avec les récepteurs olfactifs du chien.
Espérons que ces appâts ne seront plus jamais nécessaires pour cette pandémie, mais ce travail nous a ouvert une méthodologie révolutionnaire, qui nous a permis de préparer des appâts tels que Hilotz pour la détection de cadavres aux premiers stades de putréfaction. Cet article est le fruit de notre engagement : fournir la base scientifique pour fabriquer des aides à l’entraînement K9 face à de futures menaces biologiques.




